Mieux connaitre les paysages du PACEBCo: Le paysage des Virunga

Les six paysages du Programme d'appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo)

Les six paysages du Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo)

Par Bérenger Tchatchou

Le projet COBAM allie la recherche conventionnelle à la recherche action participative (RAP). Cette dernière est un processus itératif de réflexion et de résolution progressive de problèmes, et dans ce sens, peut être valablement appliquée dans la lutte contre les changements climatiques. Le COBAM a utilisé la RAP par le biais de projets pilotes d’adaptation et d’atténuation en synergie, dans cinq des six paysages de conservation du Programme d’appui à la conservation des écosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo). Afin d’amener nos lecteurs à se familiariser avec ces paysages et d’attirer leur attention sur les problématiques climatiques qui affectent ces milieux de conservation, nous nous proposons de faire un exposé succinct d’un paysage dans chaque numéro. Le présent numéro s’arrête sur le paysage du Virunga, où COBAM, en partenariat avec l’ONG ARECO, a initié un projet pilote autour du parc national des Volcans au Rwanda.

Le paysage des Virunga

Avec une superficie totale de 15155 km2, le paysage Virunga, du Nord au Sud, s’étend le long des frontières de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda. 56% du paysage est couvert par les aires protégées parmi lesquelles le parc national des Virunga (772 700 ha) et le parc national des Volcans (16 000 ha), qui sont parmi les aires protégées les plus anciennes en Afrique.

Le régime climatique du paysage est de type bimodal, avec deux saisons des pluies (Septembre-Décembre et Mars-Mai), et deux saisons sèches (Janvier et Juillet). La température moyenne annuelle est comprise entre 20° et 23° C. Le paysage est situé à une altitude de 680- 5 119 mètres.

Le paysage abrite près de 4 millions de personnes, avec une densité moyenne de 200 à 300 habitant/km2, qui atteint 600 habitants/km2 par endroits. La principale activité est l’agriculture de subsistance et de rente, et dans une moindre mesure l’élevage, la pêche et la petite chasse.

Ressources naturelles et déforestation

Le paysage Virunga est essentiellement constitué des forêts denses et humides. Toutefois, l’on y retrouve la savane et des mosaïques forêts-cultures. La biodiversité est caractérisée par une richesse et un endémisme exceptionnels, avec plus de 210 espèces de mammifères, 706 espèces d’oiseaux, 109 espèces de reptiles, 78 espèces d’amphibiens, 22 espèces de primates et 3 taxons de grands singes dont les gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei), principal point d’attraction touristique dans la région.

L’agriculture vivrière (maïs, pommes de terres, haricot, sorgho, etc.) et l’agriculture de rente (café, thé, cacao, quinquina, pyrèthre, tabac) et, dans une moindre mesure, l’exploitation incontrôlée des minerais et des forêts sont les principaux moteurs de déforestation et de dégradation des forêts dans ce paysage. La superficie ayant fait l’objet de déforestation pendant la période 2000-2005 est estimée à 136 km2, avec un taux annuel de déforestation évalué à 4,14%(Etat des forêts 2008). En 2004, le parc national des Virunga a perdu 1 500 ha de forêt, du fait des pressions exercées par les populations venues du Rwanda.

Histoire marquée par des chocs à répétition

Profil historique dressé par les populations autour du parc national des volcans, 2012.

Profil historique dressé par les populations autour du parc national des volcans, 2012.

L’histoire du paysage Virunga et du PNV est marquée par une série de chocs qui ont entamé la résilience des populations et compliquent l’implémentation de la REDD+. On peut citer entre autres les conflits et guerres à répétition (voir le profil historique dans l’encadré) ; l’invasion du paysage par les populations fuyant la guerre et par les militaires qui y ont établi des bases et des camps, conduisant à l’instabilité sociale et à l’insécurité dans le paysage et ses environs ; l’exploitation minière illégale dans les aires protégées ; l’exploitation informelle du bois et dus charbon de bois ; l’insuffisance des dispositifs juridiques et des politiques d’adaptation fiables ; l’insuffisance de moyens humains et financiers pour une meilleure gestion du paysage, encourageant la surexploitation des ressources naturelles ; la faible participation de la population dans la gestion des aires protégées, malgré la politique de décentralisation instaurée et la rétrocession d’une partie des bénéfices de l’écotourisme aux communautés riveraines.

Les perturbations climatiques et leurs conséquences

Les villages situés autour du parc national des Volcans sont confrontés à une série de risques climatiques ayant de graves impacts socio-économiques. Les pluies torrentielles provoquent des inondations et glissements de terrain ; la modification des régimes pluviométriques et les vents violents constituent de véritables fardeaux pour les populations, qui appliquent déjà de mauvaises pratiques culturales, facteur important de l’érosion des terres.

Contribution du COBAM

Le COBAM, en partenariat avec ARECO, s’est fixé comme objectif global de contribuer à la réduction de la déforestation et de la dégradation du parc national des Volcans (PNV), et à l’adaptation des communautés riveraines à la variabilité climatique. Pour atteindre cet objectif, le projet entend accompagner les acteurs locaux dans la planification et la mise en œuvre des activités qui mettent en synergie l’adaptation et l’atténuation. Ainsi, la restauration des paysages, la prévention de l’érosion des sols, l’amélioration des systèmes anti-érosifs, le renforcement des capacités des populations locales pour une gestion productive et durable des ressources naturelles et la promotion d’activités alternatives génératrices de revenus sont autant d’activités ciblées dans le cadre de ce projet.

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